L’ONG Justice Pour Tous (JPT) a réuni plus de trente représentants d’universités, de centres de recherche, d’institutions publiques et d’opérateurs du secteur de l’électricité autour d’un thème stratégique : les ABC de la Planification Énergétique Intégrée et Multisectorielle (PEIM) et l’importance de l’énergie dans le développement local. L’activité s’est tenue le 26 février 2026 à Bukavu, dans la salle du Centre d’Accueil Protestant (CAP/Nguba).
Ce rendez-vous n’avait rien d’une formalité administrative. Il s’agissait d’un moment d’interpellation directe du monde académique face à la crise énergétique persistante qui freine le développement du Sud-Kivu.
Une ouverture sans détour
Dès le mot de bienvenue, le coordonnateur de JPT, Me Eloge-Armand Kabingwa Itumba, a posé le décor. L’énergie, a-t-il rappelé, n’est pas seulement une question d’ingénierie. Elle est une question de gouvernance, de vision et de responsabilité collective. Il a insisté sur la nécessité pour les universités et les centres de recherche de s’approprier les outils modernes de planification énergétique afin de contribuer concrètement aux solutions.

Autour de la table figuraient notamment des représentants des universités de Bukavu, notamment : l’Université Officielle de Bukavu, UOB, l’Université Catholique de Bukavu, UCB, l’Université Libre des Grands Lacs, ULGL, l’Institut Supérieur de Développement Rural, ISDR, l’Institut Supérieur de Commerce de Bukavu, ISC, l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu, ISP,… Leur présence traduisait une reconnaissance claire : la question énergétique ne peut plus être laissée aux seuls techniciens.
Un diagnostic lucide de la situation provinciale
Le premier module a plongé les participants dans le contexte énergétique du Sud-Kivu. Les échanges ont mis en lumière les infrastructures vieillissantes, les délestages fréquents, la faible électrification rurale et la dépendance persistante à la biomasse. Les grands projets attendus, tels que Ruzizi III ou d’autres initiatives régionales, ont été évoqués comme autant d’opportunités suspendues.
Mais l’atelier ne s’est pas contenté d’un constat. Il a interrogé les causes profondes de cette situation, notamment le déficit de planification coordonnée, le manque d’harmonisation entre secteurs et l’insuffisance de données scientifiques fiables pour orienter les décisions publiques.
Comprendre la PEIM pour mieux planifier
Le deuxième module a introduit les fondamentaux de la Planification Énergétique Intégrée et Multisectorielle. Les intervenants ont expliqué comment la PEIM propose une vision énergétique à long terme, fondée sur l’analyse globale des ressources disponibles, des besoins sectoriels et des perspectives de développement.

Il ne s’agissait pas d’un exposé théorique déconnecté des réalités locales. Les participants ont été invités à réfléchir à la manière dont cet outil pourrait être appliqué aux entités territoriales décentralisées, au niveau provincial et même au niveau national. La PEIM a été présentée comme un cadre capable de réduire les incohérences, d’éviter le dédoublement des interventions et d’orienter les investissements vers des priorités clairement définies.
L’électricité comme levier de transformation sociale
Le troisième module a replacé l’électricité au cœur des sociétés contemporaines. Au-delà de l’éclairage et de l’alimentation des appareils, l’énergie a été présentée comme un levier de productivité, d’innovation et de création d’emplois. Les intervenants ont souligné que l’accès fiable à l’électricité améliore la qualité de l’enseignement, renforce la recherche scientifique et stimule l’entrepreneuriat local.
Ce rappel a donné lieu à des échanges nourris. Plusieurs participants ont reconnu que les enjeux énergétiques sont encore insuffisamment intégrés dans les programmes de recherche et les stratégies institutionnelles.
Des travaux de groupe tournés vers l’action
L’après-midi a été consacré aux travaux en carrefour. Universitaires, chercheurs et opérateurs ont identifié ensemble les défis majeurs et exploré des pistes concrètes pour intégrer la PEIM dans les projets de développement locaux.
Les discussions ont mis en avant la nécessité de renforcer la collaboration interinstitutionnelle, de produire des études prospectives fiables et de développer des recherches adaptées aux réalités du Sud-Kivu. L’idée d’un engagement plus structuré du monde académique dans le plaidoyer pour l’amélioration de l’accès à l’électricité a également émergé.
La restitution en plénière a permis de synthétiser les principales recommandations. L’accent a été mis sur l’importance de transformer les acquis de l’atelier en initiatives concrètes, qu’il s’agisse de projets de recherche, de partenariats ou d’actions de sensibilisation.
Un atelier, mais surtout un point de départ
Au-delà des présentations et des échanges, l’atelier du jeudi 26 février 2026 marque un signal fort. Les indicateurs retenus, participation effective, amélioration des connaissances, qualité des recommandations témoignent d’un réel intérêt. Mais la véritable mesure du succès se situera dans l’après-atelier : dans la capacité des institutions participantes à intégrer durablement la planification énergétique dans leurs priorités.
À Bukavu, ce jour-là, il a été clairement affirmé que l’avenir énergétique du Sud-Kivu ne dépend pas uniquement des infrastructures et des financements. Il dépend aussi de la production scientifique, de l’engagement académique et de la volonté collective de planifier autrement.
L’atelier est terminé. Le défi, lui, ne fait que commencer. Service de communication
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