L’organisation Justice Pour Tous (JPT) a réuni ce jeudi Bukavu, 25 juin 2026, à Bukavu des femmes leaders, des responsables des structures d’encadrement des femmes, des acteurs de la société civile, des leaders communautaires et des journalistes locaux autour d’un atelier de formation consacré à la cuisson propre et à la prévention des incendies liés à l’électricité.
Organisée à la salle de réunion du Flat Hôtel Maman Kinja, cette activité a rassemblé 35 participants issus de différentes structures communautaires dans le cadre d’une initiative visant à promouvoir les énergies propres et à renforcer la sécurité domestique au sein des ménages.
Dans son exposé intitulé « La cuisson propre : une des solutions pour la réduction de la pression sur la forêt et la contribution à l’autonomisation de la femme au Sud-Kivu », le Chef de travaux Godéfroid Ameli a mis en lumière les conséquences de la forte dépendance des ménages aux combustibles traditionnels. Selon lui, plus de 95 % des ménages congolais utilisent encore le bois ou le charbon de bois pour la cuisson, tandis que le bois-énergie représente près de 90 % de l’énergie domestique consommée en Rd Congo.

Cette situation exerce une pression considérable sur les ressources forestières du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Kabare, Kalehe, Walungu et Mwenga, où l’exploitation intensive du charbon de bois contribue à la déforestation, à l’érosion des sols, aux glissements de terrain ainsi qu’à la baisse de la fertilité des terres agricoles.
Le formateur a également rappelé que la fumée produite par les modes de cuisson traditionnels constitue un danger pour la santé des ménages, particulièrement celle des femmes et des enfants, davantage exposés à la pollution de l’air domestique et aux maladies respiratoires.
Pour faire face à ces défis, il a recommandé l’adoption des technologies de cuisson propre telles que les foyers améliorés, les briquettes écologiques, le gaz domestique et la cuisson électrique lorsque celle-ci est accessible. Les foyers améliorés permettent notamment de réduire de 30 à 60 % la consommation de combustible, tout en limitant les émissions de fumée.
Au-delà de ses avantages environnementaux et sanitaires, la cuisson propre constitue également un levier d’autonomisation économique des femmes. Elle réduit le temps consacré à la collecte du bois, diminue les dépenses énergétiques des ménages et favorise le développement d’activités génératrices de revenus liées à la fabrication des foyers améliorés et des briquettes écologiques.
« La lutte contre la déforestation commence dans nos cuisines », a souligné le Chef de travaux Godéfroid Ameli, invitant les organisations féminines à promouvoir les foyers améliorés, participer aux campagnes de reboisement et renforcer le plaidoyer en faveur de l’accès aux énergies propres.
La seconde partie de l’atelier a porté sur la prévention des incendies domestiques liés à l’électricité. Animée par Christian Kika, chargé de communication de Justice Pour Tous, cette session a permis aux participants d’identifier les principales causes des incendies et d’échanger sur les mesures de prévention à adopter.
À travers la projection d’une vidéo illustrant les dégâts causés par un incendie survenu à l’avenue Pesage à Bukavu, les participants ont été amenés à réfléchir sur les comportements à risque observés dans les ménages.
L’intervenant a notamment insisté sur le danger que représente une casserole laissée sans surveillance sur le feu, l’utilisation d’appareils électriques défectueux, les câbles endommagés, les rallonges surchargées ainsi que les appareils laissés en charge durant toute la nuit.
Les participants ont également été sensibilisés à la nécessité de protéger les enfants contre les risques liés au feu. Les organisateurs ont recommandé de ne jamais confier la surveillance de la cuisson aux enfants et de tenir les animaux domestiques éloignés des zones de cuisson afin d’éviter tout déclenchement accidentel d’incendie.
À travers cette formation, Justice Pour Tous entend faire des femmes leaders, des organisations communautaires et des médias locaux des relais de proximité capables de promouvoir les énergies propres, de contribuer à la protection des forêts et de diffuser les bonnes pratiques de prévention des incendies dans leurs communautés respectives.
Au terme de l’atelier, les participants se sont engagés à relayer les messages reçus auprès des ménages afin de contribuer à la réduction de la déforestation, à l’amélioration de la sécurité domestique et à la promotion d’un développement durable au Sud-Kivu.
Signalons que cette activité, organisée avec l’appui technique et financier du 11th Hour Project, s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement de l’éveil communautaire sur l’accès à l’électricité comme levier du développement et la nécessité d’une planification énergétiques intégrée et multisectorielle. Service de communication
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