Chaque bouteille plastique jetée dans un caniveau peut finir par perturber la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, qui alimente la ville de Bukavu, une partie de Goma ainsi qu’une partie du Rwanda et du Burundi. Résultat : des coupures fréquentes, des machines en panne et une économie locale paralysée. Une réalité encore méconnue par une grande partie des habitants.

Après chaque pluie à Bukavu, les mêmes scènes se répètent : les caniveaux débordent et des torrents de déchets, principalement des bouteilles plastiques, se déversent dans le lac Kivu. Portés par le courant, ces détritus finissent leur course dans la rivière Ruzizi, là où se trouve la centrale hydroélectrique qui fournit de l’électricité à plusieurs centaines de milliers de ménages de la région des Grands Lacs.

Ce phénomène, visible dans toute la ville après les averses, n’est pas qu’une simple pollution visuelle : il menace directement la production d’électricité. Selon plusieurs techniciens de la SNEL, l’accumulation des plastiques et branchages bloque régulièrement les grilles de filtration. Lorsque ces dispositifs se bouchent, les turbines tournent au ralenti ou doivent carrément être arrêtées pour éviter des dégâts matériels.

Conséquence immédiate : la distribution électrique baisse, les délestages se multiplient et plusieurs quartiers de Bukavu se retrouvent dans le noir pendant des heures. Ces coupures récurrentes affectent le quotidien des habitants, mais aussi l’économie locale. Les moulins, boulangeries, imprimeries, salles de couture, ateliers de soudure et petits commerces fonctionnant à l’électricité sont contraints de suspendre leurs activités, entraînant des pertes financières importantes.

Pour de nombreuses familles déjà confrontées à la cherté de la vie, l’absence d’électricité signifie également la dépendance accrue aux braises pour cuisiner. Cette situation encourage la coupe de bois et accentue la pression sur les forêts environnantes, aggravant un cercle vicieux où pollution, déforestation et crise énergétique s’alimentent mutuellement.

Pourtant, cette pollution n’a rien d’inévitable. Les spécialistes rappellent que l’essentiel des déchets retrouvés à la rivière Ruzizi provient simplement des comportements quotidiens : jeter une bouteille dans un ravin, abandonner un sachet dans la rue, ne pas nettoyer un caniveau… autant de gestes banals qui, multipliés par des milliers d’habitants, finissent par perturber toute une centrale électrique.

Habitants de Bukavu, la protection de notre électricité commence chez vous, dans vos gestes de chaque jour. Ne jetez plus de bouteilles, de sachets ou d’ordures dans les caniveaux : ce sont ces déchets qui bloquent la centrale et plongent toute la ville dans le noir. Abonnez votre ménage à une structure de gestion des déchets, triez, collectez, déposez-les aux bons endroits. Chaque geste compte. L’avenir énergétique de Bukavu est entre vos mains… dans la bouteille que vous choisissez de jeter où il faut, et non dans la rue.

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